L'Espagne et le Maroc parviennent à un accord sur Perejil/Leïla

L'Espagne et le Maroc sont parvenus samedi à un accord sur l'îlot contesté de Perejil/Leïla, dans le détroit de Gibraltar, après une crise de dix jours dénouée par une médiation américaine. L'accord tout d'abord annoncé à Washington, a été confirmé par le gouvernement espagnol, puis officieusement par le gouvernement marocain, qui attendait que les derniers légionnaires espagnols, qui avaient délogé les six soldats marocains présents mercredi dernier, aient complètement quitté Perejil (Leïla, pour le Maroc).

AFP
L'Espagne et le Maroc parviennent à un accord sur Perejil/Leïla
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L'Espagne et le Maroc sont parvenus samedi à un accord sur l'îlot contesté de Perejil/Leïla, dans le détroit de Gibraltar, après une crise de dix jours dénouée par une médiation américaine. L'accord tout d'abord annoncé à Washington, a été confirmé par le gouvernement espagnol, puis officieusement par le gouvernement marocain, qui attendait que les derniers légionnaires espagnols, qui avaient délogé les six soldats marocains présents mercredi dernier, aient complètement quitté Perejil (Leïla, pour le Maroc).

Dans un bref communiqué, le gouvernement espagnol a annoncé que "l'Espagne et le Maroc sont parvenus à un accord sur l'île de qui prévoit le retour au statu quo antérieur au mois de juillet". Il a ajouté que les ministres des Affaires étrangères espagnol et marocain, Ana Palacio et Mohamed Benaïssa se rencontreraient lundi prochain à Rabat.

Pour Madrid, le statu quo ante signifie que Perejil demeurera démilitarisée, c'est-à-dire que ni le Maroc ni l'Espagne ne pourront y stationner des forces.

Avant d'annoncer l'accord, le Maroc a attendu que les 75 légionnaires espagnols qui avaient pris le contrôle de l'îlot mercredi dernier, se soient retirés, et que le drapeau espagnol ait été amené.

Seule une source officieuse marocaine a confirmé l'accord dans la soirée, précisant que le gouvernement marocain ne souhaite faire une annonce officielle qu'après l'évacuation complète par l'Espagne de tous les soldats installés sur le rocher contesté.

Rabat avait refusé d'accepter de s'engager dans des discussions sur le statut controversé de cet îlot rocailleux et inhabité, situé à 200 mètres des côtes marocaines, avant que l'Espagne se soit retirée.

Le retrait espagnol avait commencé en début de soirée à l'aide de plusieurs hélicoptères. Les deux drapeaux espagnols qui avaient été hissés sur l'îlot ont été retirés, peu avant le départ des derniers soldats espagnols, avec un luxe de précautions destinées apparemment à éviter que ne soit filmée une scène de retraite militaire. L'annonce officielle du retrait espagnol a été faite à Rabat, par un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, quelques minutes après la disparition du deuxième drapeau et le départ des derniers soldats espagnols.

L'accord sur l'ilot Leïla ou Perejil clôt plus d'une année de hispano-marocaines. L'accord entre Madrid et Rabat avait été tout d'abord annoncé à Washington par le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, qui a mené une médiation entre Rabat et Madrid au cours des derniers jours.

"Selon les termes de cet accord, les deux parties ont accepté de revenir à la situation qui prévalait dans l'île avant juillet 2002", a indiqué un communiqué publié à Washington.

La Commission européenne s'est aussitôt "félicitée" samedi soir de l'accord, qu'elle a qualifié de "bonne nouvelle pour les deux pays et pour l'Europe". "Nous comptons poursuivre nos bonnes relations avec le royaume du Maroc qui est un important pays voisin, et ami", a affirmé le porte-parole du président de la Commission européenne Romano Prodi dans une déclaration à l'AFP.

La Commission avait été critiquée dans les milieux diplomatiques européens pour avoir trop rapidement pris fait et cause en faveur de l'Espagne dans le conflit, avant de revenir à une position plus équilibrée. Mohamed Benaïssa était initialement attendu lundi à Bruxelles, où il devait notamment rencontrer M. Prodi, en marge de la réunion mensuelle des ministres européens des Affaires étrangères. Le nouveaux développements semblent cependant remettre en cause sa présence lundi à Bruxelles, ainsi que celle d'Ana Palacio.

Les communiqués publiés à Madrid et à Washington ne font état que de l'îlot de Perejil. Pour Rabat, le contentieux avec Madrid porte également sur d'autres îles sous souveraineté espagnole - les îles Chaffarines et deux îlots - et sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, en territoire marocain. Ainsi, une heure avant l'annonce de l'accord par Colin Powell, à Washington, un responsable américain avait indiqué, sous couvert d'anonymat, que le Maroc freinait les négociations en réclamant un accord englobant le règlement d'autres problèmes territoriaux du même type qui l'opposent à l'Espagne.

"statut accepté par le Maroc et l'Espagne aux termes duquel ni le gouvernement espagnol, ni le gouvernement marocain n'occupera l'île". Elle a accusé le Maroc d'avoir unilatéralement rompu ce statut en envoyant une douzaine de gendarmes sur l'îlot rocailleux et inhabité, le 11 juillet.

Le Maroc a qualifié l'intervention espagnole "d'agression" et de "déclaration de guerre" et a exigé le retrait espagnol avant l'ouverture de toute discussion sur cet îlot dont le statut est controversé.

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