Thomas Dermine, futur bourgmestre de Charleroi… devancé en voix de préférences par Paul Magnette et suivi par Julie Patte
Victoire incontestable pour les socialistes dans la plus grande ville de Wallonie. Bilan plus mitigé malgré 11.360 voix pour Thomas Dermine. Le PS devrait par ailleurs ouvrir sa majorité absolue – très courte.

- Publié le 14-10-2024 à 13h56
- Mis à jour le 14-10-2024 à 14h06

Une des grandes inconnues pour ces élections communales à Charleroi, ce n'était pas le score du PS, qu'on devinait tout puissant, mais se jouait dans le détail : les voix de préférence. Notamment au PS, premier parti avec 26 sièges sur 51 (majorité absolue) puisque Thomas Dermine se présentait comme candidat-bourgmestre pour la première fois, en espérant reprendre le flambeau de Paul Magnette. Mais Paul Magnette, fort de ses 22.000 voix en 2018, est 3e sur la liste. Et Julie Patte, deuxième, n'a pas démérité ces 12 dernières années et d'aucuns la voyaient déjà tirer la liste PS à Charleroi, ce qu'elle ne fait finalement pas.
Les votes de préférence
Et quand les résultats sont tombés, tard dans la nuit de dimanche à lundi, surprise : Paul Magnette est premier avec 12.080 voix de préférence, devançant tout juste le futur bourgmestre Thomas Dermine qui a fait 11.360 voix. Pourquoi dit-on "futur bourgmestre" si c'est Paul Magnette qui a gagné ? Parce que ce dernier indiquait déjà durant la campagne que quoi qu'il arrive, il ne souhaitait plus exercer de mandat exécutif, mais se concentrer sur la refonte du PS après la défaite de juin et sur l'opposition au gouvernement fédéral Arizona (NdlR : il est aussi député fédéra et président du PSl).
Paul Magnette refusera donc de siéger, et c'est Thomas Dermine qui sera bourgmestre. Comme cela est prévu dans le Code de la Démocratie Locale (L1123-4), Paul Magnette ne pourra alors qu'être simple conseiller communal, ce qui était son souhait.
Pour Thomas Dermine, c'est à la fois une réussite – il fait le 2e score sur la ville de Charleroi, loin au-dessus de la mêlée, et le PS parvient même à stopper l'érosion et à se renforcer – mais on peut aussi parler d'échec : quasi la moitié de ce que faisait Paul Magnette en 2018, et derrière le 3e de liste. On compte lui demander sa lecture.
Julie Patte, elle, détonne : 7.582 voix de préférence, c'est un score doublé par rapport à la dernière élection. "Un score au top ! Je fais plus que les têtes de liste des autres partis, doubler mon score, c'est énorme : il y a eu un effet de soutien très fort envers ma candidature, et c'est une reconnaissance super des citoyens pour continuer à travailler pour Charleroi !", nous a-t-elle indiqué.
Quelle majorité pour Charleroi ?
Pour la suite, le PS devra former une majorité. Qu'ils comptent ouvrir : "Mais on s'attendait à potentiellement descendre après la séquence de juin, et on se renforce !" note Julie Patte. "Je pense que ce qui a payé, c'est qu'on a eu un discours sincère, en valorisant les nombreux projets réalisés mais sans éviter les problèmes et en disant qu'on avait encore beaucoup de boulot."
Avec 26 sièges, les socialistes n'ont mathématiquement pas besoin d'un partenaire, mais c'est devenu la tradition d'ouvrir sa majorité, d'une part pour éviter un "tout au PS" qui a causé préjudice aux rouges par le passé et mené aux "affaires" de 2006, d'autre part pour avoir une majorité large qui n'est pas empêchée par une absence ou une maladie de l'un ou l'autre conseiller… et enfin – probablement – pour avoir cette fois un partenaire qui puisse aller plaider dans les gouvernements régional et fédéral qui comprendront des MR et des Engagés.
À ce stade, toutes les portes sont ouvertes : le MR est intéressé, avec ses 10 sièges, de participer au pouvoir. Le PTB (9 sièges) se dit partant aussi pour négocier. Les Engagés (6 sièges), bien sûr, en tant que partenaires sortants sont preneurs de continuer le boulot. De son côté, le PS consultera dès mardi, nous a-t-on dit, pour mener les négociations.