Deux sites belges pourraient accueillir une grande centrale nucléaire
Le bureau d'ingénierie Tractebel s'est penché sur la possibilité de construire une nouvelle centrale nucléaire en Belgique.
- Publié le 07-11-2025 à 11h28
- Mis à jour le 07-11-2025 à 11h45

Le gouvernement De Wever a clairement indiqué son intention de construire une nouvelle centrale nucléaire en Belgique.
Comme nous l'indiquait récemment Mathieu Bihet (MR), le ministre fédéral de l'Énergie, toutes les options sont ouvertes. Il pourrait s'agir d'une grande centrale nucléaire classique, ou d'un ou plusieurs petit(s) réacteur(s) modulaire(s) (SMR ou small modular reactors).
Tractebel, le bureau d'ingénierie belge filiale du groupe français Engie, est très actif dans la filière nucléaire. Il réalise des missions de conseil dans de nombreux pays du monde. Tractebel est notamment impliqué dans le projet de construction du premier SMR du monde occidental, dans l'Ontario (Canada).
Dans un très récent rapport, Tractebel s'est penché sur les différentes technologies de centrales nucléaires qui pourraient être installées sur notre territoire. Le consultant a également listé les avantages et les inconvénients des diverses technologies.
Parmi les grandes centrales pouvant potentiellement être installées en Belgique, il cite l'EPR (1 650 MW) du Français EDF, l'AP-1000 (1 150 MW) de l'Américain Westinghouse ou l'APR-1400 du Coréen Kepco. Néanmoins, "il semblerait que Kepco se soit retiré du marché européen", souligne Tractebel.
En ce qui concerne les SMR, il y a de nombreux projets en développement dans le monde. Il existe des SMR centrés sur la production d'électricité et d'autres qui allient production de haute chaleur pour l'industrie et génération d'électricité. Parmi ceux destinés à produire de l'électricité, Tractebel cite le BWRX-300 de GE Hitachi, l'AP-300 de Westinghouse, Nuward d'EDF ou le SMR de Rolls-Royce.
Néanmoins, une source d'eau est aussi généralement nécessaire, pour refroidir le réacteur. Tractebel a identifié 7 à 8 emplacements possibles en Belgique.
Selon le consultant, les SMR sont plus flexibles que les grandes centrales nucléaires. Cela signifie qu'ils peuvent davantage faire varier leur production d'électricité, ce qui les rend plus compatibles avec les énergies renouvelables (dont la production varie en fonction de la météo).
Mais où pourrait-on installer ces nouvelles centrales nucléaires ? Selon Tractebel, un terrain d'une superficie supérieure à 100 hectares, à proximité d'une source d'eau, est nécessaire pour accueillir une grande centrale nucléaire. Tractebel a identifié deux emplacements disponibles en Belgique, confidentiels à ce stade. Mais il y en aurait un en Flandre (probablement dans le port d'Anvers) et un en Wallonie, selon nos informations.
En ce qui concerne les SMR, la superficie nécessaire est plus petite, entre 15 et 40 hectares. Néanmoins, une source d'eau est aussi généralement nécessaire, pour refroidir le réacteur. Tractebel a identifié 7 à 8 emplacements possibles en Belgique.
Qu'en est-il des délais de construction ? Selon Tractebel, le délai raisonnable pour la mise en route d'une grande centrale nucléaire est de 2042, à condition que le programme soit initié dès la fin 2026. En accélérant, un lancement est envisageable en 2039.
En ce qui concerne les SMR, le délai raisonnable est de 2037 (ou 2035, si tout est accéléré).
Quid du SMR du SCK CEN ?
Tractebel s'est concentré sur les SMR qui pourraient être déployés dans un horizon de temps relativement proche (entre 2035 et 2050). Ce type de SMR n'apporte pas de solution concernant la problématique des déchets nucléaires. En effet, ils continuent à générer des déchets nucléaires pour produire de l'électricité.
D'autres générations de SMR, plus innovantes, pourraient arriver plus tard. C'est le cas du projet de SMR refroidi au plomb, porté par le SCK CEN de Mol. Mais ils n'entrent pas en ligne de compte pour le programme nucléaire qu'entend mettre sur pied l'Arizona. En effet, cette technologie n'est pas encore disponible.
