Flambée des coûts de l'île énergétique: le gouvernement suspend une partie du projet pour économiser 3 milliards d'euros
La flambée des coûts de l'île énergétique, qui était passé d'environ 2 à près de 8 milliards d'euros, a poussé le gouvernement à réduire la voilure.

- Publié le 06-06-2025 à 15h51
- Mis à jour le 06-06-2025 à 16h13
Le gouvernement a tranché. Face à l'envolée du coût de l'île énergétique Princesse Elisabeth - passé de 2,2 à près de 8 milliards d'euros depuis 2021, en grande partie à cause de l'inflation dans le secteur des infrastructures - le gouvernement fédéral a décidé de suspendre une partie du projet. La rumeur circulait depuis plusieurs semaines, la décision est désormais officielle. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, Elia, a de son côté "salué" vendredi cette annonce, qui concerne la composante courant continu (DC) de l'infrastructure, indique Belga.
Elia avait déjà pris les devants en reportant la signature de cette partie du contrat. L'entreprise souhaite désormais réorienter ses efforts vers une alternative jugée plus rentable : une deuxième interconnexion avec le Royaume-Uni.
"C'est une mesure de saine gestion et de protection du pouvoir d'achat des ménages et de la compétitivité des entreprises", a commenté le cabinet du ministre fédéral de l'Énergie Mathieu Bihet (MR), à la manœuvre.
Projet maintenu mais réduit
L'île énergétique Princesse Elisabeth, en construction depuis début 2024, doit permettre de raccorder les futurs parcs éoliens offshore en mer du Nord et de connecter la Belgique au Royaume-Uni. La composante "courant alternatif", qui assure la liaison avec le territoire belge, est, elle, bien maintenue. Elle représente environ la moitié du projet d'origine.
En annonçant la suspension de la partie courant continu (DC), le gouvernement espère réaliser une économie d'au moins 3 milliards d'euros. L'objectif est désormais de trouver une solution plus viable économiquement, sans renoncer aux ambitions initiales en matière de transition énergétique.
Elia a confirmé son alignement avec cette nouvelle orientation. "Grâce à cette décision, la mise en œuvre du projet peut désormais continuer. Nous nous inscrivons derrière l'ambition d'atteindre les objectifs fondamentaux du projet avec une configuration optimisée en fonction des conditions de marché actuelles", a déclaré Frédéric Dunon, CEO d'Elia Transmission Belgium.
Le gestionnaire du réseau entend poursuivre les discussions avec ses partenaires britanniques pour faire émerger une solution commune autour de cette nouvelle interconnexion. Aucun calendrier n'a encore été fixé.
